28/02/2018 10:37

L’influence des nootropiques sur la société

Il y a quelques semaines, j’ai assisté à la conférence Brave New World à Leiden, en Hollande. J’étais impatient d’assister à l’évènement, tout particulièrement pour la présence de Neil Harbisson, un artiste cyborg. Il a subi un implant crânien quand il avait 20 ans. Quand j’ai entendu cette histoire, j’ai réalisé que le chip dans ma main n’était pas si spécial. Tout comme les nootropiques que je prends. Neil est un véritable biohacker. Il se sert de l’électricité pour améliorer ses performances.

Entendre les couleurs

Neil Harbisson est né daltonien. Son implant lui permet d’entendre les couleurs. L’on peut considérer que Neil n’avait pas les mêmes capacités que le restant de la société mais qu’il a réussi à se rehausser au même niveau. Après tout, beaucoup de choses en ce monde sont basées sur la couleur. Pas seulement les feux de signalisation mais aussi les plans des connexions de métro et la façon que nous avons de nous orienter dans le monde. Maintenant c’est moins commun grâce à des applications comme Google Maps mais qu’en est-il pour indiquer la route à quelqu’un dans un village ? Alors je me servais souvent de la couleur comme adjectif : « Allez à droite jusqu’à la maison au toit bleu puis tournez à gauche au bâtiment avec les rideaux pourpres. »

Les couleurs dans notre culture

Les couleurs jouent un rôle majeur dans notre culture. Pas seulement pour localiser des endroits ou lire des itinéraires de métro. Pensez au Greenland (Groenland), à la Croix Rouge, et à « The blues » (Manchester City). Si vous ne pouvez pas vivre l’expérience sensorielle d’une vision en couleurs, alors vous vous faites distancer culturellement aussi. Non pas que le Groenland soit particulièrement vert, mais tout de même.

Neil peut maintenant se joindre au reste de la société qui voit les couleurs. Il peut même en faire plus. Tout d’abord, l’implant de Neil est connecté à son smartphone via Bluetooth. Ainsi il peut télécharger des photos et les écouter. Un ami lui envoie parfois des photos d’un coucher de soleil australien et il écoute les photos prises par Station spatiale internationale (SSI). Il dit lui -même : « L’espace est plein de couleurs, la plupart des gens n’en sont pas conscients. »

Le second avantage que Neil a, est que le spectre des couleurs qu’il peut entendre est plus étendu que celui que nous pouvons voir avec nos yeux. Il peut également entendre les rayons infrarouge et ultraviolets.

Avantage injuste

Les rôles ont-ils été échangés ? Avec sa connexion Bluetooth et son spectre de couleurs élargi, il a désormais plus d’options que nous. Il s’est offert un upgrade. Selon lui, c’est un droit fondamental : Il considère que tout le monde devrait avoir cette opportunité. Du moins, tous ceux qui le souhaitent. J’ai demandé à Neil si cela n’allait pas mener à creuser les écarts de classe. Seuls les plus aisés pourront-ils bientôt acheter et utiliser une telle technologie ? Sa réponse était que cela devrait rester un choix libre. Personnellement, je suis d’accord, mais que se passera-t- il si beaucoup de personnes font ce choix (libre) et que vous ne pouvez pas rester en arrière ? Un scénario alternatif serait que cela pourrait être imposé par vos parents, vos employeurs ou le gouvernement.

L’amélioration humaine

L’évolution que Neil représente est aussi appelée ‘amélioration humaine’ : Soit l’aide de la technologie pour améliorer vos performances ou vos capacités. En fait, ce n’est pas si nouveau. Si vous portez des lunettes, vous vous êtes également amélioré artificiellement en vous octroyant la capacité de mieux voir de loin ou de près. La même chose vaut pour un téléphone mobile : Communiquer avec des personnes qui sont à des centaines de kilomètres. Les smartphones d’aujourd’hui optimisent bien d’autres fonctions. Pensez à Evernote, pour les notes et la mémoire, l’agenda numérique pour se souvenir des réunions et les applications de traduction pour comprendre d’autres langues.

Matrix

La forme ultime d’amélioration humaine, c’est quand nous connectons l’intelligence artificielle directement à l’intelligence humaine. C’est la vision du futur que les frères Wachowski exposent dans le premier film de la trilogie Matrix. Neo, interprété par Keanu Reeves, se fait télécharger des logiciels directement dans son cerveau. Après avoir été connecté directement sur un ordinateur, il maitrise pleinement le karate, le kung-fu, le ju-jitsu et d’autres arts martiaux asiatiques.

Stimulation cérébrale profonde

Pour combien de temps des films comme Matrix resteront-ils de la fiction ? La neuroscience se développe à toute vitesse. Des physiciens et des scientifiques font des expériences de stimulations cérébrales profondes sur des patients souffrant de la maladie de Parkinson.

Cela signifie que quand les scientifiques envoient une légère charge électrique à travers une aiguille dans le cerveau du patient, toutes les vibrations et les chocs disparaissent. Le patient recouvre ses capacités motrices. Vous pouvez voir un exemple dans cette video.

La prochaine étape est d’utiliser la stimulation cérébrale profonde non seulement pour guérir les personnes malades mais aussi pour améliorer les personnes normales. Ceci est, entre autres, la vision d’Elon Musk avec la compagnie Neuralink. Avec un implant cérébral, nous pouvons connecter l’intelligence artificielle à l’intelligence humaine.

Le rôle des nootropiques

En attendant le moment où nous pourrons obtenir 1000 points de QI supplémentaires ou une concentration instantanée grâce à un implant cérébral, nous devons utiliser les possibilités à notre disposition. Soit de la nourriture saine, de bonnes nuits de sommeil et la prise de nootropiques. Mais quel impact cette vision du futur a-t- elle sur notre regard sur les nootropiques ? En ce qui me concerne, j’ai fait l’expérience des bénéfices : une plus grande concentration et une mémoire plus efficace. Mais que se passe-t- il lorsque des nootropiques deviennent la norme? Cela peut avoir des implications sociales : Et si je refuse de prendre des nootropiques ? Ou prenez un scénario différent (mais pas impensable pour des professions qui demandent une grande concentration, comme joueur de poker ou négociateur en bourse) : Votre employeur vous demande de prendre des nootropiques. Un instant d’inattention peut avoir d’immenses pertes financières comme conséquence.

Impact

Utiliser des nootropiques est un choix libre et propre à chacun. En ce qui me concerne, cela restera le cas. Vous pouvez décider vous-même si vous souhaitez vous en servir ou non. Mais que se passerait-il si nous pouvions agir plus profondément sur notre cerveau. Cela aurait alors des conséquences sur notre vie professionnelle, notre vie sociale et la manière avec laquelle nous interagissons entre nous en société.

Pour cette raison, nous devons déjà y penser et en discuter.

Avec ou sans nootropiques. Ce choix vous appartient toujours.


Auteur Cet article a été rédigé par Peter Joosten. Peter est trendwatcher, biohacker, cobaye humain, blogger sur ProjectLeven.nl et un vlogger biohacker sur Youtube.

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Peter Joosten